UPDATE: Lesung im Theater Winkelwiese Zürich, 15.2.19, 20:00 Uhr

Am 15. Februar 2019 findet – wie erwähnt – meine Lesung im Rahmen des Projekts ‚Radar‘ statt. Details dazu s. unten:

https://winkelwiese.ch

S. A. Lee und CONG Über die nächsten eineinhalb Jahre wird CONG als Einstimmung auf unser Stück «Die Verwandtschaft» immer wieder Mikro- und Makrokosmen bereisen, die mit unserem Produktionsvorhaben verwandt sind. Für die erste Reise spannen wir mit der Reihe «Radar» zusammen und laden die Schweizer Fantasy Autorin S. A. Lee ein. Ausgehend von ihrem Romanzyklus «Die Chroniken der drei Kriege» fragen wir im Gespräch: in welchen Welten entsteht zeitgenössische Fantasyliteratur und welche Phantasien weckt unsere Gegenwart?

Aufbau

In der Lesung werden wir nicht einfach nur den Plot der Bücher wiedergeben – das wäre für treue Leser eher langweilig und für Neuinteressierte nichts, was sie nicht auch durch den Klappentext erfahren könnten. Nein, wir werden anhand ausgewählter Textstellen das Universum Paradons aufdecken, also all die kleinen Hints und Andeutungen aufschlüsseln, die sich im Text verstreut finden: Wie funktioniert die Mythologie? Wie das politische System? Und wie sieht es aus mit den Sprachen und der Bildung? Wer gehört dazu und wer nicht? Und warum? Folgt und also auf eine spannende Reise auf einen fernen Kontinent, der ganz für sich allein überleben muss … oder?

Entstehungslegende FRANZÖSISCH

Lieben Dank an meine Freundin L. Schaller für diese großartige Übersetzung! Wenn ihr Franzosen oder Französischsprachige kennt, empfehlt ihnen doch mal die Entstehungslegende – eventuell bekommen sie dann Lust 😉

„Au commencement était Celui-qui-est-Trois. Il déchira la brume comme un rayon de soleil fend l’obscurité, apportant la lumière et la chaleur. Là où il posait son pied sur terre, les marais séchaient et les abîmes se refermaient ; là où ses mains s’abaissaient poussait la vie. La peur et l’ombre, qui reculaient devant sa Splendeur, disparurent dans les profondeurs de la terre, au sein de l’obscurité, où elles furent oubliées. Il parcourut les recoins de la terre dans leur totalité et quand il parvint aux confins du monde, voyant les océans rouge sang et lugubres frapper les côtes, il caressa l’eau qui se fit pure. Tout ce qui était difforme et sombre s’emplit de salut et de lumière ; partout où les nobles pieds de l’Être touchaient la terre, le sol fleurissait et l’herbe tendre poussait.

Accomplissant son œuvre, l’Être oublia seulement un lieu. Ainsi l’Obscurité, que la main de Celui-qui-est-Trois au pouvoir purificateur avait laissée intacte, put y rester cachée, accompagnée par les Horreurs sans noms qui avaient erré dans le Monde Primordial innomé. Ce sont eux qui, ainsi, règnent en ces lieux depuis la nuit des temps, eux qu’on nomme les Occidentaux et qui ne se nomment pas eux-mêmes. Ils ne tolèrent aucune forme de vie et ne servent personne d’autre que la Peur qu’ils incarnent et qui les a engendrés avant le début des temps.

Quand Celui-qui-est-Trois eut parcouru chaque recoin de la Terre jusqu’à celui-ci, il s’assit et se réjouit de ce qu’il avait accompli. Il avait le cœur si léger de joie qu’il rit – et de ce premier rire naquirent les animaux qui s’en allèrent aussitôt peupler la terre et tout ce qui s’y trouvait. À leur vue, l’Être s’émerveilla et se réjouit de leur existence. Il tourna son regard vers le ciel et vit qu’il était vide comparé à ce qui l’émerveillait sur terre. Alors il frotta ses mains l’une contre l’autre et y souffla, et les oiseaux et les insectes, portés par ce souffle divin, prirent leur envol et emplirent le ciel de leur chant. Ensuite, l’Être se rendit aux abords de la mer et s’attrista de voir cette immensité si déserte et immobile s’étendre devant lui. Il versa des larmes sur ce vide et comme les larmes atteignaient les eaux, elles devinrent poissons et toutes sortes d’autres créatures qui peuplent les mers. Et le goût salé des larmes divines, dans les flots des eaux profondes, survit face aux ères qui passent.

Quand il eut créé tout cela, Celui-qui-est-Trois s’interrompit et contempla son œuvre. Il s’inquiéta aussitôt de ne pas pouvoir séjourner en même temps dans les trois sphères qu’il avait peuplées de la vie. L’Être éleva donc la voix et cria, et ce cri fut tel que tout ce qui était se tut un instant pour écouter, frémissant. Quand la lamentation se fut éteinte, trois figures s’élevèrent en lieu et place de l’Être Suprême ; elles ne resplendissaient pas comme leur prédécesseur mais étaient tout de même plus belles et majestueuses que tout ce qui se trouvait autour d’elles. Ces Êtres étaient les Trois – Lumière, Balance et Ténèbres. La Lumière représente le bien, la pureté, la droiture et se cache volontiers dans l’immensité du ciel d’où elle, soleil ou lune, contemple la Terre. Les Ténèbres règnent dans les profondeurs des mers et dans le ventre de la Terre. La noirceur et les cauchemars en proviennent ; tout ce qui est mal et cruauté naît de lui. La Balance, elle, est le juge sur Terre et, se tenant entre les deux autres, maintient l’équilibre, se tournant parfois vers l’un, parfois vers l’autre.

Les Trois se mirent aussitôt à créer des êtres vivants à leur image et, les dispersant sur la Terre, leur dirent de la cultiver et de s’en nourrir. Ces êtres, ils les nommèrent les Hommes. Ainsi, fidèles à leur créateur, certains Hommes suivent le chemin de la Lumière ; d’autres se vouent aux Ténèbres. C’est cependant la Balance qui prévaut dans la plupart d’entre eux et ces Hommes-là suivent tantôt l’un, tantôt l’autre. Tant que cet équilibre existe parmi les Hommes, le monde dont nous sommes tous issus peut, ainsi que Celui-qui-est-Trois l’a créé, lui aussi perdurer.“

Traduction: L. Schaller